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Réforme statutaire - décembre 2007, Position des Cniriens et des membres d’Ecologie Populaire et d’Alter Ekolo !
NON À LA RÉFORME CAPORALISTE, OUI AUX VALEURS ÉCOLOGISTES
Réforme statutaire - décembre 2007
Position des Cniriens
d’Ecologie Populaire et d’Alter Ekolo !
OUI à une réforme démocratique
et aux valeurs écologistes,
NON à cette réforme « caporaliste »
Liminaire :
La réforme des Verts, nous l’attendions, nous la souhaitons toujours. Comme l’ensemble des adhérents, nous espérons un meilleur fonctionnement de notre parti.
La réforme qui nous est aujourd’hui proposée complexifie notre fonctionnement, amplifie notre déficit financier, contribue à la concentration des pouvoirs ; participe en fait à une caporalisation de notre mouvement.
C’est pourquoi, les Cniriens d’Ecologie Populaire et d’Alter Ekolo ! ont voté, lors du CNIR de novembre, contre les modifications du règlement intérieur.
La méthode :
Plusieurs critères sont déterminants lorsqu’une organisation réforme ses statuts.
A] l’analyse des causes. Le premier critère consiste à analyser les causes de dysfonctionnement et à proposer des solutions.
B] la référence aux valeurs. Un parti organise le fonctionnement et les statuts en cohérence avec ses valeurs et son projet politique ; pour les écologistes « l’arbre est contenu dans la graine ».
C] l’exemplarité. Les formes d’organisation du parti peuvent préfigurer les formes d’organisation souhaitées, anticiper les réformes à venir (la parité H/F, le non-cumul des mandats...).
D] la prise en compte des réalités de la société. Pour être crédible ou audible, il faut prendre en compte les réalités de la société d’aujourd’hui, pour faire avancer les idées, et mettre en œuvre sa stratégie.
E] l’histoire et les rapports de force. L’histoire des organisations n’est pas hors sol. Les décisions politiques et organisationnelles tiennent compte de leur histoire, des rapports de force en présence et des conflits d’intérêt.
Une réforme démocratique des statuts nécessite un vaste débat, une confrontation entre ces différents critères pour dégager une cohérence.
Faute de débat, nous assistons aujourd’hui, à une réforme caporaliste menée au nom de l’efficacité.
L’idéologie de « l’efficacité » :
Une réforme présentée comme réaliste et efficace sans faire référence aux valeurs fondamentales de l’écologie politique n’est pas neutre idéologiquement, elle porte en elle une idéologie, celle de la réaction.
Osons une analogie. Sarkozy se déclare affranchi des idélologies, pragmatique face à la mondialisation. S’il accorde des cadeaux fiscaux pour les plus riches, c’est pour éviter la fuite des capitaux, s’il baisse l’impôt sur les sociétés, c’est pour faire face au dumping fiscal à l’œuvre au niveau européen, si l’on doit travailler plus c’est pour être compétitif avec les pays émergents... Pourtant cela trace des réalités : une puissance publique plus faible, une intervention de l’Etat réduite, un écart croissant entre les revenus du capital et du travail, un écart croissant entre les plus pauvres et les plus riches. Ce soit-disant pragmatisme est porteur d’une idéologie que nous combattons vigoureusement.
Plutôt que de rechercher les véritables causes de nos difficultés actuelles, les promoteurs de la réforme interne ont cru trouver les responsables : l’expression et l’existence des minorités. Leur solution : il ne faut voir qu’une seule tête, favoriser les majorités, le bipartisme... Ces méthodes revendiquées au nom de l’efficacité par l’UMP et le PS sont celles que nous dénonçons.
La force des Verts, c’est l’idéologie écologiste :
Cette volonté d’instaurer un pouvoir majoritaire, de vouloir limiter la diversité, la représentation des minorités, de vouloir centraliser, ne rendra pas les Verts plus forts.
Au contraire,
Les modifications du règlement intérieur votées au CNIR vont complexifier le fonctionnement des instances (création d’au moins 3 instances supplémentaires aux compétences non définies), alourdir les charges financières, alors que le national vient d’engager un plan social au siège.
La politique autrement n’est pas un mot désuet, c’est la recherche de nouvelles formes d’accès à la politique rompant avec les formes d’organisation traditionnelles. Oui, le respect des règles de non-cumul peut être contraignant, oui, cela peut coûter. Tout respect des principes coûte. Doit-on les abandonner pour cela ?
Le respect des minorités, le respect de la proportionnelle, la recherche de majorité ou de consensus sont des valeurs que nous défendons dans la société, auprès de nos partenaires. Comment leur expliquer cela tout en leur disant qu’on fonctionne mieux avec le bipartisme, avec la sur représentation des majorités ?
Le parti écologiste doit-il avoir des règles pour empêcher l’expression minoritaire ou doit-il retrouver la recherche du projet collectif, l’autonomie et la responsabilité des militants, doit-il rechercher la mise sous tutelle ou la participation active des adhérents ?
Ce parti doit-il avoir pour valeur la soumission ou au contraire le débat, la créativité, la recherche d’idées nouvelles, doit-il promouvoir les castes ou au contraire s’enrichir de la diversité ?
Signataires
Jean Pierre Lancry, François Maillard, Francine Guillaume, Brigitte René Corail, Laurence Abeille, Mohammed Sik, Dominique Blanchard, Hamid Zerkoune, Benoît Magnat, Jorge Bocanegra, Daniel Compère, Marie Elisabeth Allaire, Michèle Bonneton, Frédéric Sarkis, Jocelyne Sarrailh, Matthieu Olivier, Annette Rimbert, Jean Michel Beregovoy, Mathilde Alluchon, Rémy Bovis, Jérôme Jurjevic, Valérie Messager, Selma Dereume, Jean Pierre Chane Alune, Issaka Cissé, Isabelle Ducellier, Hélène Planel, Michèle Lemaître, Patrick Farbiaz, Jean Desessard
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