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RP 2004 >
Le Sénat sort rajeuni et féminisé du renouvellement du 26 septembre
LE MONDE 04-10_04
S’IL CONSERVE son président,
Christian Poncelet (UMP), le Sénat
présente un visage profondément
modifié à l’issue du renouvellement
du dimanche 26 septembre.
Sur 128 sièges à pourvoir, 71 ont
changé de titulaire. Du fait de l’extension
du recours à la représentation
proportionnelle et de l’introduction
de la parité, la féminisation
et le rajeunissement enregistrés
en 2001 se confirment.
Rapporteur général de l’Observatoire
de la parité, la députée (UMP)
de la Moselle Marie-Jo Zimmermann
déplore toutefois que « la
majorité du Sénat ait engagé un
combat d’arrière-garde » et obtenu,
en juillet 2003, le rétablissement
du scrutin majoritaire sans
obligation de parité dans les départements
élisant trois sénateurs.
Pour autant, le progrès est sensible.
Alors que sur les 117 sénateurs
sortants, on ne comptait que 9 femmes
(7,7 %), il Y en a désormais 31
(soit 24,2 %) sur les 128 nouveaux
élus ou réélus.
La proportion de femmes au
Palais du Luxembourg passe ainsi
de 10,6 % à 16,9 % - contre 12,7 %
à l’Assemblée nationale : 275 hommes
et 56 femmes devraient siéger
au Sénat. Ces chiffres pourraient
cependant évoluer à la marge, en
fonction du choix attendu des quatre
membres du gouvernement qui
ont été élus le 26 septembre mais
qui pourraient préférer garder
leurs attributions ministérielles :
Hubert Falco (Var), François Fillon
(Sarthe), Nelly Olin (Val-d’Oise) et
Jean-Pierre Raffarin (Vienne).
Le rajeunissement est également
tangible : la moyenne d’âge des
sénateurs (61 ans) se rapproche de
celle des députés (57,5 ans). La
doyenne du Sénat est Paulette Brisepierre,
81 ans, élue (UMP) des
Français é blis hors de France. La
beniclmine, SclI1drine Hurel, séncltrice
(PS) de la Seine-Maritime, a
36 ans. Le plus ancien des sénateurs
est Jacques Pelletier (Aisne),
président du groupe du Rassemblement
démocratique et social européen
(RDSE), qui siège au Palais du
Luxembourg depuis 1966.
A l’issue de ce renouvellement,
82 sénateurs (24,8 %) possèdent
deux mandats locaux ; plus de la
moitié (53,2 %) en détiennent un.
Représentant « des collectivités territoriales
», ainsi que la Constitution
le définit, le Sénat compte
dans ses rangs 128 maires, 33 présidents
de conseil général et 3 présidents
de conseil régional.
L’UMP RECULE, LE PS PROGRESSE
Le groupe majoritaire reste
l’UMP, qui comprend 156 membres
et apparentés sur un effectif
total de 331 sénateurs. Il perd toutefois
la majorité absolue qu’il détenait
avec 161 sénateurs sur 321. Josselin
de Rohan (Morbihan) en
conserve la présidence. Passant de
83 à 97 membres, le PS, lui, progresse.
11 enregistre le rattachement
des quatre sénateurs Verts, malgré
les réserves de deux d’entre eux,
nouvellement élus, Alima Boumedienne-
Thiery et Jean Desessard
(Le Monde du 2 octobre). A la présidence
du groupe, Jean-Pierre Bel
(Ariège) succède à Claude Estier.
L’Union centriste (UC) passe, de
son côté, de 29 à 32 membres. Elle
entend désormais être « mieux prise
en considération » par l’UMP,
selon Michel Mercier (Rhône),
reconduit à la présidence du groupe.
« Le premier ministre n’est
jamais venu devant notre groupe,
note M. Mercier. Il va falloir qu’il
trouve le chemin. » L’UC a fait
valoir le nouveau rapport de forces
avec l’UMP pour garder la présidence
des commissions des fIIlPnces
Oean Arthuis) et des affaires sociales
(Nicolas About).
Avec 23 membres, les effectifs
du groupe Communiste, républicain
et citoyen (CRC) restent stables.
Mais après la défaite de Jean-
Yves Autexier (Paris) et Paul Loridant
(Essonne), un seul chevénementiste,
François Autain (Loire-
Atlantique), siège désormais dans
ses rangs, alors que le PCF a deux
nouveaux sénateurs. Nicole Borvo
(Paris) conserve la présidence du
groupe.
M. Poncelet (UMP)
réélu à la présidence
Christian Poncelet a été réélu
pour un troisième mandat de trois
ans, vendredi ," octobre, à la présidence
du Sénat. Agé de 76 ans, Le
sénateur (UMP) des Vosges, a obtenu
’9’ voix au premier tour de scrutin
contre ,,6 à Jean-Pierre Bel (PS,
Ariège) et un bulletin établi au nom
de Robert Badinter (PS, Hauts-de-
Seine). Les autres groupes politiques
n’avaient pas présenté de candidat.
M. Poncelet a assuré, dans
son discours de remerciement, que
ce troisième mandat serait le dernier.
Se présentant comme « le capitaine
qui a su, malgré des courants
parfois contraires, tenir la barre d’un
vaisseau sénatorial désormais renfloué
", il a mis l’accent sur 1’« inéluctable
modernisation" du Sénat.
Quant au Rassemblement démocratique
et social européen
(RDSE), il devrait finalement maintenir
son effectif de 17 membres. Il
a notamment enregistré l’adhésion
du sénateur de la Corrèze Georges
Mouly, inscrit auparavant au groupe
UMP. M. Pelletier, sénateur de
I !Aisne, a été teconduit à sa prési-
,
encei
Patrick Roger
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