Jean Desessard
Sénateur de Paris
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Emission TV - Enquête exclusive - "La surprenante vie clandestine des immigrés sans papiers"
M6 - DERNIÈRE DIFFUSION LE JEUDI 27 MARS À 01H10

Rediffusion jeudi 27 mars à 01h10 du reportage de l’émission Enquête exclusive sur M6 concernant les sans papiers

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"Nicolas Sarkozy en a fait un objectif prioritaire assigné aux forces de l’ordre : expulser chaque année au moins 25 000 immigrés irréguliers. Face à cette pression, 300 000 sans-papiers plongent dans la clandestinité. Règles d’or : bien s’habiller pour ne pas attirer l’attention et éviter les lieux les plus fréquentés. Il leur faut trouver du travail, un logement, faire les courses, sans jamais savoir s’ils pourront rentrer chez eux le soir. Par quels moyens certains se procurent-ils de faux papiers ? Les plus inexpérimentés sont cachés par solidarité dans des familles françaises. Des réseaux s’occupent de l’inscription des enfants à l’école, convainquent des élus d’aider à leur régularisation et s’entourent d’avocats pour trouver une solution juridique à leur problème"(M6).

Jean DESESSARD a participé au reportage à l’occasion de la conférence de presse donnée au Sénat le 6 février 2008 avec RESF :

"POURCHASSES, EXPULSES MAIS AUSSI PROTEGES, DEUX RESCAPES PRENNENT LA PAROLE"

Des parlementaires, députés et sénateurs, des personnalités politiques, des représentants des organisations syndicales et des associations de défense des droits de l’Homme, des personnalités du monde des arts, des lettres et des sciences accueilleront au Sénat deux familles sans papiers particulièrement maltraitées par l’acharnement du ministre Hortefeux, Stakhanov de l’expulsion.

La première de ces familles a séjourné trois fois en rétention en moins d’un an. Ayant échappé à l’expulsion grâce à leur détermination et à la décision d’un juge, les parents et leurs deux tput jeunes enfants sont toujours en danger. Ils vivent depuis plusieurs mois protégés par des citoyens qui refusent de laisser de tels faits se produire sans réagir.

Expulsé au début de l’année 2007, privant ainsi sa femme et ses quatre enfants (l’aîné est en CP, le plus jeune avait un mois) de toute ressource, le père de la seconde famille est revenu le 25 décembre après avoir failli perdre la vie (le bateau sur lequel il se trouvait a fait naufrage). « Ma femme et mes quatre enfants sont en France » dit-il, « il fallait que je revienne, même au risque de mourir ». Jusqu’à quand ce jeu tragique pour la gloriole d’un communiqué se félicitant d’avoir exécuté 26 000 expulsions ?

L’histoire de ces deux familles, qui est celle de milliers d’autres dans l’attente d’une régularisation, est emblématique des dégâts causés par la persécution des sans papiers. Mais elle est aussi le témoignage de l’échec patent de cette politique. Le ministère lui-même estime de 200 à 400 000 le nombre de sans papiers sur le territoire français. Au rythme de 25 000 expulsions par an, il lui faudrait plus de 15 ans pour « régler » le problème, à supposer qu’il n’y ait aucune entrée nouvelle, ni aucune naissance ni... aucun retour.

Expulser dit le ministre, c’est envoyer un message à ceux qui seraient tentés par l’immigration. Enfermer et expulser les familles, séparer les couples, pratiquer la chasse à l‘enfant font donc délibérément partie du message voulu par le ministre. Mais c’est en réalité une gageure inhumaine, à laquelle la police ne parvient qu’au prix de comportements parfois inacceptables et qu’une partie de ses personnels accepte de moins en moins. Une fraction de la société française répond, elle aussi, par un message, en se tenant aux côtés des sans papiers, en les protégeant, en toute connaissance des risques encourus. A côté des parlementaires et des personnalités, ces anonymes seront aussi à la tribune du sénat.

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